Mardi 22 Juillet.
Part I.
J'écoute un bon reggae pour finir la soirée. Le trait d'eye-liner coule de mes yeux devenus rouges de fatigue. Et ma bouche peinte se tord d'un rictus affolant. Franchement, la féminité n'a jamais été mon truc. Et pourtant la féminité… Oh putain… Oh catin… J'ai osée me trouver jolie ce soir. Tu sais. Je me suis regardée à travers cette vitre, là, je voyais la nuit noire au dehors. Je voyais aussi, surtout, chaque parcelle de ma peau nue se refléter au travers. Mes cheveux détachés, fous et libres. Mes yeux bleus désaxés. Cette bouche pleine et sensuelle retroussée dans un sourire qui se voulait mutin.
Il faudrait vraiment que j'arrête d'écrire ce genre de conneries.
Saleté de mégalo.
Ah elle est belle cette vie… Oh oui ma catin. Relance ce slow langoureux qui me faisait tant baver. J'exhume mes sentiments comme je bois cette liqueur si planante. Alors profites-en, toi l'oiseau de nuit que tous rêvent de posséder. Dans tes prunelles se reflète une folie douce qui m'obsède encore. Et je ne cesse d'y penser. Et d'en rigoler. Mais tu sais… Nous ne sommes que des oiseaux de passage, demain nous serons loin.
Part II.
Tu m'as demandé d'écrire. De t'écrire. Mais cela ne se commande pas. Les mots viennent… Un à un, sans que tu ne puisses vraiment y réfléchir. Le stylo a encre noire cours sur le papier. Il est libre et fou. Lui. Mon cerveau embué par les Cuba Libre ne risquerait pas de le commander. Et pourtant c'est cette personne que je nomme moi qui le tiens et semble le diriger.
Tu voulais de la poésie et du rire… Je sais tout ça. Mais comment une écriture mensongère et si lointaine pourrait-elle remplacer un être ? Je n'y crois pas. Pas une seconde. L'humour ne vient pas de façon réfléchie. L'amour non plus. Et je dois dire que c'est sur cette feuille blanche que je remplis de ces lettres éparses que je tente de le faire. Impossible… J'en suis incapable plutôt.
Mais je ne peux dormir. Je le devrais. C'est l'alcool présent dans mon sang et mes veines qui ne le veut pas. Lui non plus. Le spontané vient ainsi d'une autre manière. Tu sais : j'aurais aimé sortir les perruques de la costumerie, comme le premier soir. Tu faisais le rasta et j'me la jouais disco. Je ne me souciais de rien et voilà que j'écris sans m'arrêter.
C'est mon cercle vicieux. Mon insomnie passagère.
Oh, attends une minute, je vais me rouler une cigarette.
Je reviens ensuite… Ne m'en veut pas, trop.

Commentaires